Le cyberespace, une nouvelle frontière
Pour le cours: Éthique, NTIC et Société
SOC
2483-01
Université du Québec en Outaouais (UQO)
Université du Québec en Outaouais (UQO)
Automne
2009
Professeur :
Ndiaga Loum
Réalisé
par Alexandre Hoffarth
Le cyberespace, une nouvelle frontière.
Plan du travail :
- - Introduction à la problématique (page 3)
- - Synthèse concernant la recherche sur le cyberespace (pages 4-13)
- - Opinion critique (pages 14-16)
- - Bibliographie (pages 17-19)
Introduction à la problématique :
Le cyberespace offre aujourd’hui des
possibilités presque infinies en créant un nouveau monde, une nouvelle
frontière à l’être humain. Cependant, si le cyberespace crée de nouvelles
possibilités telles la cyberdémocratie et un accès au savoir de l’Humanité,
elle apporte son lot de malheurs comme la cybercriminalité. Tout comme le fut
la radio et la télévision, internet le cyberespace sont une révolution
technique qui bouleverse nos habitudes et qui pourrai remettre en cause la
définition même de l’État, de la Nation et de la Société que nous connaissons
et qui perdure depuis des siècles. La question à se poser pour ce travail est
donc celle-ci : le cyberespace n’est-il pas en train de bouleverser les
règles les plus fondamentales des États-nations et de l’éthique des différentes
civilisations ?
Pour
essayer d’y voir plus clair, nous allons diviser le travail en deux parties
distinctes, la synthèse des écrits et des recherches effectuées pour écrire ce
travail et ensuite une opinion argumentée et critique sur la question du
cyberespace.
Dans
la première partie, la synthèse aura pour but d’éclaircir la thématique du
travail en présentant divers auteurs et des exemples tirés d’internet,
d’articles ou de livres concernant cette nouvelle problématique.
En
seconde partie qui fait office de conclusion avec un point de vue critique, je
vais prendre part pour une position qui pourra sembler conservatrice dans le
sens où celle-ci portera une critique pessimiste du cyberespace.
Synthèse concernant la recherche sur le
cyberespace :
Afin ce comprendre ce qu’est la cyberdémocratie, nous
devons définir plusieurs termes qui permettront de comprendre les enjeux et les
bases de ce que nous appelons la nouvelle frontière. Mais pour cela, nous
devons définir le terme de cyberespace pour savoir de quoi il en retourne. Mais
ce qui est sûr pour l’instant c’est qu’il est difficile de séparer internet,
qui est l’outil comme celui de la parole, du cyberespace.
L’idée de « cyberespace » fut inventée dans les années 1980 par le romancier de science fiction cyberpunk et anti-utopiste William Gibson[1]. Ce néologisme abat les barrières physiques de l’Homme en projetant son corps et son esprit au-delà de ses propres limites. Le médium qu’est internet est de l’ordre de l’immédiat, du direct et établit comme le précise Gibson, une « interface neurologique ». Cependant, juridiquement cela ne peut exister dans le sens où cela est une représentation du monde imaginaire de la science fiction. Réellement, le cyberespace permet d’échanger des données, des messages écrits ou vocaux qui sont stockés au moyen de mémoires électroniques que constituent les serveurs. Selon la constitution du cyberespace “The Constitution in Cyberspace: Law and Liberty Beyond the Electronic Frontier” de Laurence H. Tribe: “That's the term coined by cyberpunk novelist William Gibson, which many now use to describe the "place" -- a place without physical walls or even physical dimensions -- where ordinary telephone conversations "happen," where voice-mail and e-mail messages are stored and sent back and forth, and where computer-generated graphics are transmitted and transformed, all in the form of interactions, some real-time and some delayed, among countless users, and between users and the computer itself”[2].
Le cyberespace est donc une notion
difficile à comprendre de par son aspect autant naturel qu’artificiel. D’après M.
Chawki professeur en droit pénal à l’Université Lyon III: « Naturel
car sa source est naturelle : le monde réel. En même temps il est un espace
artificiel. Tout d’abord, le langage utilisé est artificiel (celui des mathématiques)
en commençant par le codage fondamental (0 et 1 soit le binaire) et en
finissant par des équations mathématiques de plus en plus élaborées » [3] .
Le cyberespace contribue donc à l’échange culturel et
une application de l’imaginaire qui se subordonne au réel par le simple fait
que, l’acteur derrière son « interface neuronale » est souvent
inconnu dans le réseau d’échange puisque celui-ci utilise un pseudonyme. Il y a
donc une dimension d’anonymat qui permet à la personne connectée de vivre une
autre réalité, une autre identité. Ce monde du cyberespace est en perpétuel
bouleversement, car ce sont des millions de connectés qui façonnent sa
structure. Il n’y a donc pas une véritable intelligence artificielle dans le
cyberespace mais plutôt un agrégat des diverses idées et pensées des
utilisateurs.
Pour reprendre Chawki quant au développement du
cyberespace, il établit dans son essai, une liste dont nous allons nous
inspirer et simplement la commenter[4].
Tout d’abord selon sa perception :
-
« La révolution des N.T.I.C. a
neutralisé l’espace et le temps, en créant un nouvel espace virtuel : le
cyberespace. Ce dernier, à son tour, a rendu l’interaction culturelle et
sociale une réalité globale qui constitue une partie intégrale de cultures
nationales distinctives ». Comme nous l’avions précisé, le développement
des cybers technologies ont fait en sorte que la démocratisation de
l’informatique a rapproché les « terriens », issus d’autres nations, dans
ce qu’on appelle aujourd’hui le village global selon l’expression de Marshall
McLuhan. Bien évidemment, cela est pure utopie puisque comme nous l’avons
mentionné plus haut, la réalité est celle qui est identifiable « hors
connexion ». Toutefois, l’espace et le temps ne sont plus des paramètres
infranchissables par l’interactivité verbale immédiate, qui selon cet auteur
supplante le domaine écrit.
-
« Le cyberespace a transformé le
rôle Etat-Nation et sa souveraineté. Il a mené à la prolifération des nouveaux
acteurs transnationaux et des modèles institutionnels tels que l’Internet Society (ISOC), Internet Corporation for Assigned Names and Numbers (ICANN), et l’Internet Engineering TaskForce (IETF) ». Dans ce sens nous avons les alter-mondialistes qui
déjouent les règles du système pour faire des actions ponctuelles et
coordonnées. Cela est le cas avec des associations comme ATAC ou même
Greenpeace.
-
« Le procédé continu d’interaction
culturelle et d’échanges d’informations dans le cyberespace, facilité et
accéléré par les tendances contemporaines de la mondialisation54, a
rendu la culture dans un état continu du flux. Les modèles culturels traditionnels
sont de plus en plus transformés par le réseau Internet ». Tout comme la
mondialisation, Internet s’appuie sur sa large diffusion afin de toucher à
terme tous les foyers de la planète. Enfin ceux qui en ont les moyen...
-
« La navigation dans le cyberespace
est devenue un nouveau type de navigation. Une navigation dans la profondeur de
la nature « virtuelle », en interaction avec les internautes eux-mêmes. Cette
navigation peut être considérée comme la source d’un nouveau type d’imaginaire,
qui influence la perception et qui par son rôle, alimente cet
imaginaire ».
-
« La causalité dans le
cyberespace est différente de celle, locale, régissant le niveau macrophysique
et de celle, globale, régissant le niveau quantique. La causalité dans le
cyberespace est une causalité en boucle ouverte, due à l’interface
homme-cyberespace-temps. L’être humain découvre en lui-même un nouveau niveau
de perception grâce à son interaction avec l’ordinateur, et l’ordinateur affine
ses potentialités par l’interaction avec l’être humain ».
Le cyberspace est un espace de
développement quasi infini du fait que peu de limites juridico-légales ont été
mises en application. La raison principale est en toute logique le peu de
volonté politique, mais aussi la difficulté à mettre en place une coordination
à l’échelle globale. Le cyberespace est donc un nouveau monde, une nouvelle
frontière en cours d’exploration comme le fut le Far West au 19ème
siècle ou même actuellement l’espace sidéral.
Maintenant, examinons le concept de
cyberdémocratie ou démocratie électronique.
Selon
Thierry Vedel, spécialiste français politique en démocratie électronique, il
existe trois versions de la démocratie électronique : une version
populiste, une version libérale, et une version républicaine. Celles-ci
répondent à différents problèmes actuels dans nos sociétés de démocratie de
représentation[5].
Un des
discours sur la démocratie électronique concerne la nature des informations
dont disposent les citoyens. Il renvoie à l’idéal du citoyen éclairé cher aux
philosophes libéraux tels que Thomas Jefferson (1743-1826) ou John Locke
(1632-1704): pour prendre de bonnes décisions et participer à part entière au
processus démocratique, les citoyens doivent être complètement informés, donc
au courant de tout ce qui se passe autour d’eux voire même dans d’autres pays. Dans
cette logique, le déficit de démocratie actuel et la désillusion lors
d’élections, ne serait donc pas un manque d’informations mais une
incompréhension lors de sa diffusion.
Dans
cette perspective, l’internet est imaginé comme un puissant outil d’information
au service de la démocratie libérale. Par rapport aux moyens d’information
classiquement utilisés par les acteurs politiques (affiches, brochures,
journaux, etc.), l’internet permet non seulement d’accroître, sans limite, à
peu de frais et presque instantanément, la quantité d’informations fournies aux
citoyens. Mais si on analyse l’état de la démocratie actuelle, on remarque que
les jeunes (15-35 ans)[6], se
servent de l’information comme un outil ponctuel à une question précise qui ne
s’inscrit pas dans une information de continuité.
Néanmoins
l’internet est susceptible d’améliorer la qualité de ces informations : « reproduction
à l’identique de documents originaux, communication de documents qui ne
pouvaient jusqu’à présent être reproduits en raison de leur taille, possibilité
de mener et d’effectuer rapidement des tris et des investigations ciblées ou de
mettre en relation des documents stockés dans des lieux différents grâce à des
moteurs de recherche »[7].
Dans ce
contexte on peut donc consulter différents documents d’utilité publique comme
les réponses aux appels d’offres, les plans détaillés des maisons, les rapports
d’expertise… Là encore, une quantité presque infinie de documents consultables.
Certains sites proposent même les initiatives privées comme les dons d’argent
ou même le montant d’un produit vendu dans une localité ciblée en prenant par
exemple les sites de ventes comme Amazon ou EBay.
Toujours
selon Vedel, il y également une piste d’étude qui structure l’idée que la de
démocratie électronique pourrait être relative aux formes et à la qualité du
débat politique. L’internet est vu comme un instrument permettant de stimuler
et d’enrichir la discussion entre citoyens. Comme avec les forums de
discussions ou le « chat » par exemple[8].
L’information
des citoyens n’est plus ici le problème, et est même supposée bonne, du fait de
l’élévation du niveau général de connaissances et de l’existence de nombreux
médias.
La
question centrale serait donc la création d’un espace public vigoureux et
ouvert, à même d'accueillir l'expression d'idées multiples et de demandes qui
ne peuvent se manifester dans le cadre institutionnel et rigide de la
démocratie représentative. Cependant la démocratie électronique donne au débat
une importance capitale en oubliant le fondement même de la démocratie
politique. Les optimistes, comme le politologue Pierre Levy, de cette
démocratie pensent que la démocratie est un débat permanent comme il en a
existé dans la cité d’Athènes lors des séances de l’Agora. Toutefois selon mon
point de vue, ils en oublient l’aspect de la réalité et de la prise de
décision, ce que les grecs anciens n’avaient pas négligés. La prise de décision
est souvent prise à la légère devant l’utopisme « cyberdémocratique »
par le fait que les acteurs sont virtuels. Donc au final, ils peuvent faire
n’importe quoi car aucune contrainte de violence légitime ne peut s’appliquer
sur eux.
Plus
clairement, l’internet, en rendant possible des discussions dans des forums,
des messageries ou des listes de diffusion, se voit reconnaître par les
défenseurs d’une démocratie électronique de nombreuses vertus susceptibles de
revitaliser une véritable démocratie du débat. Cela est peut être possible,
mais les futures générations devront posséder de plus en plus la maitrise de
cet outil puissant sans iniquités de richesses. Encore utopique là aussi.
D’autres
pistes existent aussi concernant la démocratie virtuelle dans le texte de
Vedel. Celles ci se répartissent en plusieurs lieux qui
sont : « la liberté et
l’authenticité ; qui traversent les frontières géographiques, sociales et
culturelles ; la compréhension mutuelle ; qui crées du lieu social et regroupent les identités
collectives ; l’auto-régulation »[9].
La cyberdémocratie n’est donc pas qu’un moyen d’expression mais également une
nouvelle culture en plein essor construite à partir de l’agrégat de diverses
cultures réelles ou fantasmatiques, toutefois guidé par un esprit de liberté et
d’idéologies politiques diverses.
Maintenant, nous allons définir
rapidement l’acteur dans la cyberdémocratie par le terme
« hacktiviste ». On peut considérer que l’hacktivisme en tant que tel
existe depuis 1986. C’est un néologisme entre les mots « hacker »,
« activisme » et dans une certaine mesure « art »[10].
Cette idéologie et pratique aurait été fondée lors du Manifeste du Hacker,
écrit par un anonyme en 1986 dont en voici un extrait : « Je suis un
hacker, et ceci est mon manifeste. Vous pouvez arrêter cet individu, mais vous
ne pouvez pas tous nous arrêter… après tout, nous sommes tous les mêmes ».
Cette phrase qui conclut le manifeste permet de situer l’idéologie du hacker[11].
Le hacker agit des fois par conviction politique, mais ceux-ci sont des
virtuoses de l’informatique (white hat). Certains agissent pour leur propre
compte avec rémunération par exemple. D’autres ont des motivations plus anarchiques
et prennent à plaisir à déjouer les règles de la vie dans la société su réel
(black hat)[12].
Alors Le citoyen lambda serait-il un
hacker dans la démocratie électronique ? Surement pas et pour reprendre
l’analyse du politologue Laurent Gayer, il existerait un
« cybernationalisme » qui est : « une utilisation intense
et multiforme de l’internet par les entrepreneurs identitaires contemporains,
qui trouvent appui sur le réseau des réseaux pour contourner les autorités
étatiques qu’ils combattent et pour donner corps, par la parole et par l’image,
aux communautés qu’ils (ré)inventent par delà les frontières »[13].
Ce serait en fait une sorte de résistance nationale d’une communauté de
personnes connectées à l’univers du cyberespace. Une contre mondialisation
culturelle en utilisant des moyens d’actions que l’on considère aujourd’hui
comme peu conventionnels mais qui se généraliseront dans l’avenir. L’internet
est donc un outil de communication et de protestation dans ce cas-ci. Il suffit
de regarder les sites d’ATTAC[14]
pour la gauche réformiste qui propage des idées différentes par le biais de
sites en plusieurs langues, ou de l’autre coté « François de souche »
pour les identitaires en France[15].
Pour les plus acharnés et nostalgiques nous avons aussi le KKK qui propose une
vision très… différente du monde[16].
On trouve de tout sur internet.
Mais, supposons donc que
l’hacktiviste utilise ses réseaux afin de faire de la propagande politique sans
utiliser le piratage ou d’autres moyens douteux, est-ce une infraction ou bien
un crime ? La question est à se poser puisque l’on vient de démontrer
qu’internet est un moyen de communication qui, certes, n’est pas ou presque peu
limité par des lois spécifiques régissant les crimes purement électroniques.
Pour étayer la réponse nous devons nous pencher sur un cas particulier, celui de
la liberté d’expression en Russie postsoviétique, soit la Russie actuelle de
Vladimir Poutine.
Cet exemple est un cas école vis-à-vis du contrôle de
l’information à l’ère électronique. Poutine et sa « famille politique »
des oligarques essaient par tous les moyens de contrôler l’information entrante
et sortante afin de museler toute opposition afin d’établir une seule et unique
voie, celle de la restauration de la Grande Russie. Ce
« nostalgisme » idéologique utilise toutefois des moyens de lutte
très poussés que l’on nomme siloviki[17].
L’ex-Président Poutine, aujourd’hui premier ministre, sait très bien que la
contestation par internet n’est pas qu’un pavé en pixel lancé dans une marre
numérique. Les réseaux sont ici très important parce que plus la population de
la Russie s’enrichie, plus elle a accès à l’information de masse par le pouvoir
d’achat. Cela est confirmé statistiquement par deux chiffres. En 2006 le taux
de connexion à internet dans ce pays était de 111 pour mille[18],
en 2007 il était de 151 pour mille[19],
soit une augmentation de 36% en 1 an. Cela est donc à mettre en rapport avec
l’augmentation du niveau de vie des russes. Internet est donc devenu un lieu de
pouvoir et les autorités nationales russes essaient d’instaurer une Police de
la Pensée[20]
comme le prédisait George Orwell en son temps. Ironiquement, les hackers russes
se disent nationalistes, donc cybernationalistes pour reprendre Laurent Gayer,
tandis que le FSB (néo KGB) et consorts déclarent illégaux ces individus en
s’octroyant de juger de leurs patriotisme à l’égard du gouvernement actuel.
Comble du malheur pour les pouvoirs russes, les plus grands hackers se trouvent
souvent en Russie.
De là à dire que les hackers russes sont un
contre-pouvoir envers l’État, il n’y a qu’un pas. Rappelons-nous des vidéos de
tortures dans les prisons Sibériennes diffusées sur Youtube et Daily-motion[21].
L’image médiatique a un pouvoir qui ternit la face de la société et le système
Poutine essaie par dessus tout de s’approprier cette force, ce pouvoir de
transmission de l’information. La vraie question est de savoir si c’est un
crime de ne pouvoir diffuser l’information librement ou bien si par un facteur
culturel et national, c’est un crime de la diffuser quand cela porte atteinte,
ici, à l’image du renouveau de la « Grande Russie ».
On peut également citer le cas du Tibet dans
l’actualité. Nous avons à faire à deux acteurs, l’Occident et la République
Populaire de Chine qui, par leur puissance politique mettent tout en œuvre pour
contrôler l’information et tous les moyens d’expression connus, en particulier
internet. Dans la « lutte à mort » contre le Dalaï Lama selon Zhang Qingli numéro un du parti Communiste Chinois, le
gouvernement de l’Empire du Milieu censure la presse nationale et
internationale en détruisant les images de la réalité et en limitant l’accès à
internet afin que les chinois eux-mêmes puissent s’informer autrement que par
la source officielle[22].
En Chine, l’information est encore plus contrôlée car elle est
institutionnalisée. Le simple fait d’écrire quelque chose contre le régime peut
mener à la prison comme ce fut le cas pour le journaliste Shi Tao[23].
Mais,
attention, la cyberdémocratie planétaire, malgré son aguichante provocation,
recèle de nombreux points noirs. Un danger que l’on peut voir est que malgré le
fait que l’on dénonce ces pratiques de contrôle en Occident celui-ci n’a aucun
scrupule à utiliser les mêmes armes afin de faire de la propagande contre le
gouvernement chinois en mettant de l’avant les tibétains se faisant
« attaquer » par les autorités chinoises. Afin de rendre cela plus
crédible, on interroge seulement les touristes présents comme seule source
fiable et crédible[24].
Le parti prit est tellement évident et fonction à merveille ; les
associations occidentales de « protection de tous les droits
fondamentaux » (selon leur vision) en ont appelé au boycottage des jeux
olympiques de Pékin et de la cérémonie d’ouverture[25]. En attendant, la presse
qatarie diffuse sur Al-Jazzera sa propre version des événements en montrant des
chinois attaqués par des tibétains ainsi que la destruction de nombreux
commerces appartenant à des chinois ou à l’État comme on le voit avec l’attaque
de la « Bank of China ». Cependant, Al-Jazzera montre le Dalaï Lama
comme homme de paix face à un gouvernement chinois déterminé[26].
Internet est donc une source d’information d’un
immense potentiel et peut s’avérer dangereux pour n’importe quel État. En
essayant de brimer la liberté d’expression, les structures gouvernementales
organisent un « contre-hacktivisme » idéologique afin de contrôler
l’information sortant et entrant dans les réseaux de diffusion du net. Ce qui
est d’autant plus intéressant, c’est que les internautes réfractaires sont
considérés comme des dissidents dans ces pays. Avec cette recension nous
pouvons passer à la conclusion en se demandant si tout cela n’est pas qu’une
véritable lutte de pouvoir pour la propagation de différentes idéologies.
Opinion critique :
Avec ce
que nous avons vu dans le développement de ce travail, le cyberespace tel qu’on
nous le présente recèle diverses approches. Dans cette conclusion critique je
vais prendre position contre le développement de cette cyberdémocratie en
essayant de montrer comment cette soif de liberté peut se transformer en État
totalitaire virtuel. Ma vision du cyberespace est sans nul doute assez
pessimiste même si celle-ci offre d’incroyables possibilités.
D’un
point de vue philosophique, il faut s’attarder sur le concept de liberté que
donne le cyberespace à ses utilisateurs. Internet est un nouveau monde à
explorer et en pleine mutation et sa force réside dans le fait que le
construire offre des possibilités quasi infinies mais aussi une liberté de
mouvements et d’actions que l’on ne peut faire dans le monde réel. L’accès à
l’information presque partout sur la planète n’a jamais autant donné au citoyen
le pouvoir de se téléporter au moins numériquement dans une autre contrée quasi
simultanément. Cet outil nous donne donc la possibilité de
« voyager » sans limites apparentes, sauf physiques, en détruisant
les barrières spatio-temporelles auxquelles nôtre réalité nous avait habituées.
Il existe toutefois encore une barrière d’ordre intellectuelle qui serait en
fait la langue maternelle face à tous les choix des sites Internet existant,
mais là encore les traducteurs se perfectionnent et aujourd’hui nous pouvons
même choisir la langue dans laquelle on veut voir apparaitre ses pages.
Internet
serait donc la liberté de se cultiver, d’échanger et d’accroître nos
possibilités de développement de soi et d’autrui. Cet outil est donc une
nouvelle aventure humaine dans le sens où comme la radio et la télévision, elle
bouleverse notre perception et notre mode de vie. Internet devient avec
l’espace sidéral, les deux dernières frontières techniques connues puisque son
renouvellement est permanent.
Toutefois,
la liberté totale entraîne, comme nous l’avons vu dans la première partie, un
développement d’actes criminels (pédopornographie, extorsions, chantages, vols, ;
espionnage industriel, etc…). En cela, internet et le cyberespace sont bien des
inventions humaines… On peut donc affirmer, que l’utilisation de l’outil
internet par l’Homme amène des problématiques de société réelle dans un autre
univers, celui du cyberespace. Dans ce cas-ci, la question à se poser est donc
de savoir si l’Homme corrompt la machine en biaisant son utilisation ? Avec
un peu d’humour, faut-il un jour s’attendre à un évènement comme dans le film
Terminator avec son Skynet tout puissant ? ...
En outre,
c’est également une arme de « contamination massive » dans le fait
qu’elle s’affranchie des barrières autant juridiques que westphaliennes en
ignorant les frontières et les cadres légaux de l’État de droit. Cela pose donc
divers problèmes d’ordre éthique puisque les diverses législations nationales
ont de la difficulté à s’immiscer dans le cyberespace. Mais plus encore,
Internet et ses réseaux peuvent diffuser tout et n’importe quoi et
l’utilisateur, qu’il soit érudit ou non, universitaire ou manuel pourra se voir
influencer par un article ou une vidéo ; même si celle-ci n’est
authentique ou référencée.
C’est
donc pour cela que des États comme la Russie ou la Chine tentent avec plus ou
moins de succès de contrôler l’information ; parce que celle-ci, qu’elle
émane du local ou de l’international, qu’elle soit vraie ou fausse, comporte un
aspect contraire à la philosophie politique présente ou établie. Cela bafoue
également les coutumes et traditions de ces nations qui n’ont qu’un seul souci,
leur monopole politique territorial. Ils voient dans internet et la société du
cyberespace un danger incontrôlable qui pourrait détruite le pouvoir du
politique. D’une certaine manière j’approuve même le fait qu’un État puisse
contrôler de l’information dans le sens où celui-ci le fait pour protéger son
identité, et donc sa cohésion nationale.
A mon
humble avis, la guerre de communication entre deux types d’États va
s’accentuer. Car la guerre des communications est perpétuelle et c’est un
nouveau « Choc des civilisations » pour reprendre le titre du livre
de Samuel P. Huntington[27].
Toutefois dans son œuvre, il n’avait par envisagé que cela se ferait par
Internet mais par affinité culturelle, le livre étant apparu en 1996. Ces deux
idéologies différentes se confrontent en fait sur un seul point, la
mondialisation politique et économique de la planète. Les premiers, ceux que
l’on appelle les Occidentaux ou les « bons » pour reprendre les tes
propos de Georges W Bush (celui qui a changé le monde). Dans ce camp nous avons
les membres de l’OTAN, Union Européenne, atlantistes ou alter-mondialistes
biens pensants proposent un projet d’unification politique à terme de la
planète, avec une cyberdémocratie planétaire. C'est-à-dire que les
États-Nations n’auront plus lieu d’être et le monde sera régionalisé comme
c’est le cas avec l’Union Européenne qui n’est qu’un test, un prélude local de
ce qui pourrait être fait globalement. La preuve en est avec la désignation
très démocratique d’un Président de l’Union Européenne du très connu Hermann
Van Rompuy et de la création du poste de Haut représentant aux affaires
étrangères avec la britannique Catherine
Ashton. En terme clair la perte de souveraineté diplomatique pour les membres
de l’Union. Dans le second camp se trouvent les moins bons, « l’axe du
mal » avec les méchants Russes (oui encore), « le péril
jaune » avec la Chine et la Corée du Nord, l’Iran (les barbares
orientaux de la lointaine Perse…) et aussi la raciste Confédération Suisse
depuis le 29 novembre 2009 avec son vote démocratique et direct vieux de
plusieurs siècles sur l’interdiction des minarets. A voir l’excellent débat
idéologique sur cette question entre Oskar Freysinger et Daniel Cohn Bendit du
1er décembre 2009[28].
Il est
vrai que j’ai présenté cela sous un ton cynique et humoristique, mais la menace
de « totalitarisation » de la société au niveau planétaire par
internet et sa vitrine de cyberdémocratie n’est pas à prendre à la légère.
Pour
finir, le cyberespace et internet sont des outils qui pourraient accomplir des
miracles en termes de progrès scientifiques ou humains. Mais le savant mélange
entre économie et politique corrompt son utilisation et modifie grandement
notre société. La véritable question à se poser est : sommes-nous trop « jeunes »
pour un tel objet de technologie ?
Bibliographie :
Les
notes de cours ainsi que les lectures s’y rapportant.
Articles scientifiques :
1- Chawki, Mohammed
(2006), « Essai sur la notion
de cyberciminalité», (36 pages),IEHEI
2- Gayer, Laurent
(2003), « Les enjeux du « cybernationalisme » et
du « hacktivisme », Le
voleur et la matrice, (54 pages), Sciences Po IEP Paris.
3- Trudel, Pierre (2004),
“L’encadrement des technologies par le droit: nécessité et sources de
changements”, Notions nouvelles pour
encadrer l’information à l’ère du numérique : l’approche de la loi concernant
le cadre juridique des technologies de l’information, Vol. 106, p 287-339.
4- Vedel, Thierry,
(2003), « L’idée de démocratie électronique, origines, visions,
questions », Le désenchantement
démocratique, Edition de l’Aube, (p 243-266)
Autres :
1- D’après
le Larousse 2006 : Cyberespace : n.m (anglo-américain. Cyberspace)
Espace virtuel rassemblant la communauté des internautes et les ressources
d’informations numériques accessibles à travers les réseaux d’ordinateur. Le
terme est apparu au début des années 1980 dans une nouvelle du romancier
William Gibson intitulée Burning Chrome parue en 1982.
Monographies :
1- Badie, Bertrand et Didiot, Béatrice.
2006. « L’espace postsoviétique », L’État du monde 2007.Page 419. Montréal : Les Éditions du
Boréal. (ISBN-13 : 978-2-7646-0485-4).
2- Huntington, Samuel P.
(1996). Le Choc des civilisations,
Editions Odile Jacob. (ISBN 978-2-7381-0839-5).
3- Orwell, George (1950). 1984.
Paris, Gallimard (édition de 2005).
4- Wolton, Thierry
(2008). « Le KGB entre en jeu », Le
KGB au pouvoir, le système Poutine, Paris : Buchet et Chastel.
(ISBN : 978-2-283-02288-7).
Sites Internet :
1- Article
concernant la censure chinoise daté du 18 mars 2008 sur le site Le
Point.fr : http://www.lepoint.fr/actualites-technologie-internet/tibet-la-chine-censure-le-web-et-y-construit-sa-verite/1387/0/230359
3- Définition
des white et black hat inspirée par le site de wikipédia à la page: http://fr.wikipedia.org/wiki/White_hat
6- Vidéo de
Daily-motion d’un reportage de France 2 le 13 février 2008 (lien mort): http://www.dailymotion.com/relevance/search/tortures%2Brusses/video/x4d0ey_tortures-punitions-en-russie_politics
7- Vidéo
d’un reportage de TF1 datée du 15 mars 2008 sur le site daylimotion.com : http://www.dailymotion.com/relevance/search/tibet/video/x4q3l5_la-situation-au-tibet-au-15-mars-20_politics
8- Vidéo
d’un reportage de la télévision Al-Jazzera daté du 19 mars 2008 : http://fr.youtube.com/watch?v=W0zBkFBySyI
[1] D’après le Larousse 2006 : Cyberespace : n.m
(anglo-américain. Cyberspace) Espace virtuel rassemblant la communauté des
internautes et les ressources d’informations numériques accessibles à travers
les réseaux d’ordinateur. Le terme est apparu au début des années 1980 dans une
nouvelle du romancier William Gibson intitulée Burning Chrome parue en 1982.
[2] Constitution de la cyberdémocratie de Tribe sur : http://epic.org/free_speech/tribe.html
(lien toujours actif et revérifié le 22 décembre 2009)
[3] Chawki, Mohammed (2006),
« Essai sur la notion de
cyberciminalité», (36 pages),IEHEI
[4] idem
[5] Vedel, Thierry, (2003),
« L’idée de démocratie électronique, origines, visions, questions », Le désenchantement démocratique, Edition de
l’Aube, (p 243-266)
[6] Site de statistique Canada : http://www40.statcan.ca/l02/cst01/comm15_f.htm
[7] Vedel, Thierry, (2003),
« L’idée de démocratie électronique, origines, visions, questions », Le désenchantement démocratique, Edition de
l’Aube, (p 243-266)
[8] Vedel, Thierry, (2003),
« L’idée de démocratie électronique, origines, visions, questions », Le désenchantement démocratique, Edition de
l’Aube, (p 243-266)
[9] idem
[10] http://fr.wikipedia.org/wiki/Hacktivisme
(vérifié le 22 décembre 2009)
[11] http://blogoscoped.com/archive/2007-07-30-n19.html
(en anglais mais je me suis permis de traduire)
[13] Gayer, Laurent (2003),
« Les enjeux du « cybernationalisme » et
du « hacktivisme », Le
voleur et la matrice, (54 pages), Sciences Po IEP Paris.
[17] Thierry Wolton définit les
siloviki par l’ensemble des services secrets russes, ce sont les héritiers des
techniques du KGB (aujourd’hui FSB) en utilisant les technologies de pointe
dans son ouvrage : Wolton,
Thierry (2008). « Le KGB entre en jeu », Le KGB au pouvoir, le système Poutine, Paris : Buchet et
Chastel. (ISBN : 978-2-283-02288-7).
[18] Badie, Bertrand et Didiot, Béatrice.
2006. « L’espace postsoviétique », L’État du monde 2007.Page 419. Montréal : Les Éditions du
Boréal. (ISBN-13 : 978-2-7646-0485-4).
[19] Badie, Bertrand et Tolotti, Sandrine.
2007. « L’espace postsoviétique », L’État du monde 2008.Page 409. Montréal : Les Éditions du
Boréal. (ISBN : 978-2-7646-0559-2).
[20] Orwell, George. 1950. 1984. Paris, Gallimard (édition de
2005).
[21] Site daily-motion d’un reportage de France 2 le 13 février 2008 :
http://www.dailymotion.com/relevance/search/tortures%2Brusses/video/x4d0ey_tortures-punitions-en-russie_politics
(vidéo retirée mais qui marchait le en novembre 2009)
[22] Article concernant la censure chinoise daté du 18 mars 2008 sur le
site Le Point.fr : http://www.lepoint.fr/actualites-technologie-internet/tibet-la-chine-censure-le-web-et-y-construit-sa-verite/1387/0/230359
(revérifié le 22 décembre 2009) l’article date du 18 mars 2008.
[23] http://cpj.org/2005/08/imprisoned-journalist-shi-taos-family-files-for-re.php
(lien revérifié le 22 décembre 2009) l’article date du 25 aout 2005
[24] Vidéo d’un reportage de TF1 datée du 15 mars 2008 sur le site
daylimotion.com : http://www.dailymotion.com/relevance/search/tibet/video/x4q3l5_la-situation-au-tibet-au-15-mars-20_politics
[25] http://www.france24.com/fr/20080401-etats-unis-chambre-representants-jeux-olympiques-boycott-chine-pekin-bush (revérifié le 22 décembre 2009)
[26] Vidéo d’un reportage de la télévision Al-Jazzera daté du 19 mars
2008 (lien revérifié le 22 décembre 2009): http://fr.youtube.com/watch?v=W0zBkFBySyI
[27] Huntington, Samuel
P. (1996) : « Le Choc des civilisations », Odile Jacob, (ISBN
978-2-7381-0839-5)
[28] http://infrarouge.tsr.ch/ir/1677-minarets-interdits-vote-peur
(vérifié le 22 décembre 2009)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire