mardi 8 mars 2016

Simulation ENAP : Note de service - Alexandre Hoffarth 2013

Note de service à l’intention
 du sous-ministre John Knubley
(Pour information)

EXPÉDITEUR : Alexandre HOFFARTH, conseiller principal
DATE : 28/06/2013

Opportunités d’améliorations dans la gestion des personnes et de l’information à Industrie Canada (IC).

CONTEXTE

Depuis plusieurs années, des efforts ont été effectués au niveau de la gestion, de l’évaluation et du rendement des programmes mis en place au sein de l’administration publique fédérale. Si on se réfère au site du Secrétariat du Trésor dans la catégorie dédiée à Industrie Canada, on peut y lire : « Cette année encore, les commentaires formulés par le Secrétariat du Conseil du Trésor sur la capacité d'Industrie Canada en matière de gestion sont globalement positifs. L'évaluation a porté sur huit composantes de gestion (CG) d'Industrie Canada et le ministère a obtenu quatre cotes Fort et quatre cotes Acceptable. Le rendement du ministère par rapport à l'évaluation précédente était globalement stable. Pour trois CG, la cote obtenue par le ministère a progressé à Fort tandis que sa cote pour une CG a diminué, Pour quatre CG ses cotes sont restées les mêmes »[1].

Il est à préciser que lorsque les CG ont été évalués durant la période 2011-2012, IC se trouvait dans un contexte opérationnel difficile. Toutefois, certains grands projets ont été menés jusqu’à l’aboutissement tels : les modifications apportées à la Loi sur le droit d’auteur, la mise en œuvre stratégique sur l’économie numérique, la réponse du gouvernement au rapport indépendant d’experts sur le soutien fédéral[2]. Il est aussi précisé que l’examen des programmes et des politiques concernant l’aérospatiale sera évalué pour la période 2012-2013.


CONSIDÉRATIONS

À la lecture de cet en-tête, nous pouvons en tirer qu’IC a prospéré dans certains CG (gestion axée sur les résultats, vérification interne, évaluation, gestion de la sécurité et gestion intégrée des risques). Cependant, d’autres sont restés stables et c’est sur cela que le diagnostic va porter. Les CG qui ont reçu une côte « acceptable », notamment sur la gestion des personnes et la gestion de l’information sont une priorité à laquelle nous devons nous pencher.

Si nous prenons les considérations de la gestion des personnes écrites sur le site du conseil du trésor, il est indiqué que le groupe des EX aurait besoin de plus de stabilité (dans une optique de leadership), mais aussi de confiance dans la haute direction, ce qui est sûrement dû aux récentes restructurations dans l’administration publique fédérale. Le plus important est d’optimiser le rendement par le développement de mécanismes efficaces. L’autre point est qu’IC doit rassurer l’ensemble du personnel sur l’évolution des ressources disponibles. C’est un point important, d’actualité, qui a un impact grandissant sur le moral des employés. L’aspect positif est l’investissement qui a été effectué dans le groupe des EX afin de stabiliser le roulement du personnel, mais aussi les opportunités d’avancement de carrière et de perfectionnement[3].

Pour ce qui a trait à la gestion de l’information, les points diagnostiqués sont le plus souvent de créer une base de données structurée et utilisable. C’est aussi le cas pour la conservation des données recueillies par IC. Le calendrier de la gestion de conservation et d’élimination n’est pas encore défini.
De même, il sera essentiel de travailler sur les pratiques de la gestion de l’information (GI ; 12.3)[4]. IC n’a pas encore structuré tout son inventaire électronique, ainsi que l’organisation de toutes ses pratiques. Elle a certes accompli partiellement cet objectif, mais tout cela n’est pas appliqué de façon uniforme.


RECOMMANDATIONS

En tant que conseiller principal du secteur de la planification stratégique, je me dois de vous recommander deux axes sur lesquels nous devrions travailler. Bien évidemment, tel qu’il a été précisé dans le diagnostic, le premier sur lequel nous devons mettre notre attention est  la gestion des personnes ainsi que la gestion de l’information. Appuyées par le diagnostic révélé précédemment, voici quelques opportunités et recommandations qui pourraient être appliquées.

Pour cela, nous devrions suivre un plan qui s’effectuerait en 3 étapes. Tout d’abord, il serait important que le secteur de la planification stratégique développe un portefeuille d’indicateurs plus équilibré et complet. Les indicateurs ainsi développés auront ainsi la force de bien mesurer ce qui fait défaut et ainsi contribuer à trouver des solutions d’améliorations. Dans ce sens, l’uniformisation des pratiques, ainsi que de leur évaluation, sera une possibilité de réaliser les opportunités souhaitées dans ces deux points.

Ensuite, il est impératif de consulter tous les employés sur les possibilités d’améliorations qu’ils ont eux-mêmes identifiés. Certes, ils l’ont été par le passé, mais je crois qu’au vu du climat actuel, ce serait nécessaire de le refaire. Ce serait aussi un moyen d’établir un lien de confiance en impliquant des employés dans ce processus de réflexion et d’amélioration du service. L’idée serait de développer une carte stratégique pour présenter les enjeux cruciaux, mais aussi la place de chacun dans l’organisation, est d’impliquer le maximum de personnes. Le principal est que les employés adhèrent à la vision que nous voulons développer.
Finalement, le but serait de créer un tableau de bord équilibré, mais celui-ci devra être utilisé et se rendre utile en étant présenté, expliqué puis accessible à tous. Donc, il ne serait pas transmis qu’au groupe des EX, mais aussi à tout le personnel afin qu’il sache exactement ce qu’est l’organisation, ses processus et ses objectifs, mais aussi la place que chacun occupe dans le développement et le rayonnement de l’organisation.

Le second axe est l’effet en termes d’image positive et inspirante que ces recommandations pourraient avoir sur les fonctionnaires d’Industrie Canada ainsi que sur l’opinion des citoyens canadiens vis-à-vis du ministère.

La mise en place de ces recommandations pourrait avoir un impact sur les services axés sur les citoyens, qui n’a pas été mesuré pour le CRG 2011-2012[5]. Comme vous le savez, les tendances actuelles vont beaucoup à la qualité du service à la clientèle. Un ministère comme Industrie Canada est essentiel pour les besoins de la population, notamment les citoyens qui veulent contribuer à enrichir le Canada par la création d’entreprises. En donnant l’exemple, nous motiverons certainement de futurs entrepreneurs à se lancer, puis nous stimulerons les chefs d’entreprises et les travailleurs déjà en emploi, le tout en affichant une image exemplaire de bonnes pratiques et de soutien à la population canadienne.

De ces faits, je vous prie M. Knubley, de prendre en considération les points que j’ai apportés dans cette note. Je vous remercie également de l’attention que vous portez à l’amélioration des processus de gestion du secteur de la planification stratégique d’Industrie Canada.

Alexandre HOFFARTH
Conseiller principal

Porter le costume : un moyen artistique d’expression et de contestation - Alexandre Hoffarth 2015

Porter le costume : un moyen artistique d’expression et de contestation





Art actuel
AR11143










Dossier réalisé pour : Sophie Bélair-Clément
Remis par : Alexandre Hoffarth
15/12/2015                                                                                                                



Problématique
Le carnaval est une action collective et populaire qui traverse les âges et les thèmes. On le retrouve dès l’époque de l’Antiquité romaine par des fêtes telles les bacchanales, les saturnales ou le culte lié à Dionysos (Pan). Proscrites au bas Moyen-âge pour leur caractère païen, donc contre-chrétien, ces fêtes ont ensuite été adoptées par un processus de syncrétisme pour perdurer jusqu’à aujourd’hui. Dans ce sens si nous prenons le non moins célèbre carnaval de Venise, la tradition des masques et donc du déguisement, est devenue la norme de tous les carnavals. Ces fêtes sont clairement une volonté de travestir son identité à un moment donné et ce pour vivre une expérience unique et peut-être même libératrice. L’origine du mot carnaval[1], du latin « carne » (viande) et «  levare » (lever, ôter), appuie ce sentiment de retirer ce qui fait notre identité afin d’en porter une autre par le déguisement.
Aujourd’hui et depuis une petite dizaine d’années, le carnaval est devenu non plus un seul moyen d’expression, mais aussi un véhicule idéologique de contestation. Comme nous le verrons avec le texte de Claire Tancons (2011) et celui des auteurs Antek Walczak (2014) et Stéphanie Wakefield (2014), le carnaval s’ingère dans la politique actuelle pour appuyer, mais surtout dénoncer les actions du système économique capitaliste et néolibéral. En prenant l’exemple de l’événement d’Occupy Wall Street, nous pouvons mettre en évidence des mécanismes de contestation et d’expression artistique dans une optique de protestation. Cependant, il faut aussi prendre en compte que cette dénonciation du système actuel par l’acte carnavalesque est également empreinte de clichés et techniques eux-mêmes ancrés dans le néolibéralisme globalisant.

Œuvres étudiées
Pour expliciter cette problématique deux œuvres (études de cas) ont été choisi.
La première est une exposition de Claire Tancons «  Up Hill Down Hall » qu’elle a présentée au mois d’août 2014 à Londres. Nous nous attarderons sur les moyens d’expressions qui ont été mis en place et le contexte de Claire Tancons. Cette exposition fait suite au Notting Hill Carnival de Londres afin de montrer l’importance du carnaval dans la résistance des masses et une ode à la performance et la participation civile. 
De même nous situerons Claire Tancons dans son cheminement personnel et professionnel pour établir un lien entre ses intérêts, son travail et ses observations du carnaval comme mode opératoire d’expression anarchique. 
La seconde œuvre qui complémente notre problématique du carnaval concerne le « New Transbohemian States » d’Antek Walczak qui fut exposée en décembre 2013 à Brooklyn (New-York City). Antek Walczack bénéficiera lui aussi d’un rappel biographique et de son curriculum afin de le placer dans son contexte.
Le lien fait avec le sujet du carnaval est dans les portraits de Walczack. Ceux-ci sont basés sur des personnes connus de Walt Disney, mais les points et les traits qui déterminent l’identité de ces portraits sont jonchés de mots et termes évocateurs de la condition actuelle de l’artiste et de sa place dans la société. Tout comme le carnaval cette désincarnation de thèmes récurrents à notre existence, par le port des masques de carnaval par exemple, exprime le mal-être des artistes et d’une catégorie de la population dans la société occidentale.

Enjeux discutés
Les enjeux qui seront présentés concernent en particulier les thèmes liés à l’Anthropocène, c’est-à-dire l’impact que l’Homme, depuis son existence, a sur ce qui l’entoure ; ainsi qu’à la place de l’art dans le monde politico-social d’aujourd’hui.
Dans ce sens il est nécessaire de mettre également en avant la connexion entre cette utilisation du carnaval pour dénoncer les dérives du système, mais aussi la réaction populaire et idéologique dans cette danse collective du carnaval.


Claire Tancons et l’étude du phénomène du carnaval

Le parcours de Tancons
Claire Tancons est née en 1977 en Guadeloupe dans les Antilles françaises. Elle est diplômée en muséologie de l’École du Louvre et de l’université de Montréal en 1999 et en histoire de l’Art du Courtauld Institute en 2000. Elle a suivi des formations en commissariat au Whitney Museum Independant Study Program en 2001 ainsi qu’au Walker Art Center en 2003. Elle a été commissaire associée de Prospect.1 New Orleans, la première biennale internationale dart contemporain de la Nouvelle Orléans et de Contemporary Art Center, aussi à la Nouvelle Orléans (2007-9) et consultante pour le projet de préfiguration de Harlem Biennale (2010-11). En tant que commissaire de la 7ème Gwangju Biennale et de CAPE09, la deuxième biennale du Cap, elle a organisé des performances processionnelles qui mêlent traditions et manifestations politiques dans des parades de carnaval. Ces études ont ouvert la voie à ce qui a depuis été considéré comme un nouveau modèle de commissariat interculturel. Sa spécialité se concentre sur les mouvements populaires et les arts processionnaires  africains et caribéens et s’attache à la reformulation de « l’art performance »
Elle est régulièrement  invitée à parler de ses travaux dans des institutions artistiques et universitaires autant en Europe (Musée du Quai Branly et EHESS à Paris, Institut Courtauld à Londres, au Platform 3 à Munich, au C Festival à Faenza, au Ujadowski Castle à Varsovie et d’autres encore) qu’en Amérique du Nord (Wexner Center for the Arts, New Orleans Museum of Art, Temple University, SUNY Buffalo, University of California at Santa Cruz etc aux Etats Unis, The Western Front et Simon Fraser University au Canada). De même en Amérique Latine (Museo del Arte Moderna Rio de Janeiro) et en Asie (Chomnam University en Corée du Sud, Yugchenko Museum aux Philippines).

Expositions et œuvres
Avant de se pencher sur l’événement d’Occupy Wall Street de 2011 dont Claire Tancons en a fait un article scientifique, nous allons discuter de l’exposition réalisée en 2014 par Claire Tancons à Londres au BMW Tate Live[2].
Pour faire suite au Notting Hill Carnival[3], le plus grand événement de rue du Rouyaume-Uni, Claire Tancons avait choisi de porter cet événement festif et costumé dans un art plus engagé. Son but était, par le biais de la performance, de remettre de l’avant les origines caribéenne du Notting Hill Carnival. Elle définie son événement comme un medium de production artistique et une forme de message social et politique qui utilise le carnaval comme représentation matérielle. Par ailleurs, elle considère son événement comme un hommage, peut être même une continuité, à la résistance au colonialisme et au racisme.  

Antek Walczak : identité(s) et politique(s)

Le parcours de Walczak
La vie d’Antek Walczack débute en 1968 à Grand Forks dans le Dakota du Nord. Il fut élevé à Pittsburgh en Pennsylvanie et reçu un BFA de l’École d’Arts Tisch de l’Université de New-York. Son travail fut vu au Cinematexas à Austin, au Centre Pompidou à Paris, au Fri-Art de Fribourg, en Suisse ainsi qu’au Musée Ludwig de Cologne. Il est un membre essentiel de la Corporation Bernadette depuis 1994. Il a écrit pour les magazines Purple, Pazmaker, Zehat et Made in USA (traduction libre à partir de l’anglais)[4].

Exposition étudiée et œuvres
Comme il le fut mentionné  précédemment, les œuvres de Walczack qui sont étudiées dans ce dossier sont issues de l’exposition « Transbohemian States » à Brooklyn en 2013. Walczack présenta des figures emblématiques incontournables. En utilisant des personnages issus de la culture de l’animation de notre enfance, soit Walt Disney, Walczack capte notre attention avec curiosité. Que ce soit Mickey Mouse, Donald Duck ou le bien nommé Bip Bip, le message fléché et numérique à décoder est toujours le même : « I want to be a contemporary artist … ». Toutefois le message est tout autre. Même si les formes changent, Walczack démontre que même si l’on change d’identité de personnage de fiction, le message reste le même. Notre regard ne suit pas le « Z » visuel et naturel que l’être humain utilise pour déchiffrer une image. Ce chemin est balisé. Dans ce sens on revient toujours au même point et ce quelque soit l’identité que l’on incarne. La récurrence revient en boucle et se referme par la même conclusion.
Comme il a été évoqué au précédent chapitre, un lien étroit peut être fait avec le travail spécialisé de Claire Tancons, notamment dans son exposition « Up Hill down Hall » de Londres où une identité collective dans une approche carnavalesque par le biais des costumes, de leurs formes et de leurs couleurs, nous indique l’intensité du message véhiculé. Notre esprit s’accroche à ce mouvement chorégraphié, mais surtout à la politique de contestation idéologique mise en avant par la dichotomie des « policiers » armés de bâtons et de boucliers représentant un étendard du fameux 31 Downing Street (résidence connue des 1er ministre britannique) face à la manifestation de ces costumes noirs et clonés ; probablement pour démontrer l’unicité et la perte de l’identité individuelle face à l’État (autorité et institutions). Ceux-ci semblent les emprisonner dans une forme qui cherche à s’émanciper et à s’envoler. Peut-être que je me trompe, mais dans un sens ces costumes me rappellent des ailes moirées de chauve-souris ; animal qui vit caché, déconsidéré, loin des regards.



Porter le costume, s’identifier et revendiquer

Le carnaval comme identité collective
Dans ce sens, le carnaval peut être considéré comme un moyen de contestation social face au néolibéralisme. A partir de Dans un article du journal britannique The Guardian, il est fait mention que : « Communism is not just or predominantly the carnival of the mass protest when the system is brought to a halt; Communism is also, above all, a new form of organization, discipline, hard work. »[5] . Il est vrai que lorsque l’on analyse le comportement organisationnel des « carnavaliers-manifestants », de nombreux slogans inscrits sur les panneaux de bois et de cartons font référence, indirectement, à une lutte des classes. Toutefois, il ne faut pas confondre cette lutte des classes avec une allégeance au marxisme ou au communisme. Comme le disait Marx : « ce n’est pas le texte qui compte mais la grille de lecture ».
Être engagé n’est pas seulement une parole écrite sur une banderole, c’est surtout une action, une mobilisation contre un objectif (et un objet abstrait ?) commun. Dans ce sens, le « carnaval engagé » est également une image de pouvoir parce que celui-ci se concentre sur la capacité à unifier pour influencer[6]. Faire parti d’un tout, forge une identité collective qui ici est basée sur l’idéologie politique.
Et c’est là qu’il y a une différence avec le travail de Walczack. Celui-ci se situe au niveau de l’individualisme d’identité puisque le public a intégré depuis leur enfance, soit les personnages de Disney.




Entre contestation sociale et acceptation
À y regarder, l’événement d’Occupy Wall Street est entourée par la notion d’Art engagé qui est fortement présente. Mais ce qui frappe vraiment c’est l’utilisation de termes issus du vocabulaire militaire : occupation, mobilisation, parade… Occupy Wall Street est dans la mouvance d’autres contestations politiques comme le mouvement des Indignés en Espagne ou même un carnaval à Toulouse pour protester contre Dilma Roussef, la présidente brésilienne[7].
Toutefois, la réception critique ne fut pas à la hauteur des attentes des carnavaliers-manifestants. Certes ils furent soutenus par de nombreuses personnalités : acteurs, économistes (Stiglitz entres autres), patrons (Steve Jobs et Bill Gates !), qui sont toutefois des tenants d’un certain néolibéralisme.  
Ne voulant pas faire partie des fameux 1% de la population mondiale qui détient la très grande majorité des richesses planétaires, les manifestants sont soutenus par des représentants de cet ordre[8].
De même le nombre de personnes attendus était très élevé et ne fut pas comblé. Seulement 1000 personnes se sont déplacées pour l’événement et environ 8000 au 5 octobre 2011, date de la manifestation.
Pourrait-on dire que la majorité des citoyens de New-York acceptent la domination du système néolibéral ? Peut-être. Est-ce la forme qu’Occupy Wall Street a prise qui a pu rebuter les citoyens ? Peut-être également et là il y a une certaine acceptation de la part du public.
Cependant, Occupy Wall Street est  reconduit chaque année depuis 2011[9].




Commentaire critique
Occupy Wall Street n’est pas un carnaval au sens propre du terme, contrairement au Notting Hill Carnival de Londres, mais plutôt une manifestation déguisée pour appuyer des revendications politiques. Dans un sens nous sommes plus proches d’une parade militaire que d’une fête, plus proche d’une marche d’un parti que de l’amusement.
Si l’on prend l’exposition de Tancons en 2014, le traitement est assez simpliste : d’un côté les oppresseurs (des blancs avec des cornes, des bâtons et des boucliers) et de l’autre les opprimés (en noir dans une combinaison étriquée). D’ailleurs, je crois que si Occupy Wall Street n’a pas le succès espéré c’est à cause d’un message trop « banal » de la lutte contre le « système ». Malheureusement lorsque l’on regarde on ne peut que se référer au fameux « intellectuel prolétaroïde » de Karl Marx[10], qui en d’autres mots est  on se rend compte que les artistes Claire Tancons, Antek Walczack et les organisateurs/participants d’OWS en sont des archétypes probants. L’intellectuel prolétaroïde est issu des classes moyennes élevées et de la petite bourgeoisie, au sens marxien du terme. Ceux-ci ont reçu une instruction élevée mais n’ont pas les  rênes du pouvoir qui appartiennent à l’aristocratie ou à une oligarchie. Ils utilisent donc des moyens visuels et bruyants pour se faire voir et surtout que l’on entende leurs revendications ; ici le partage des richesses.
Il est difficile de concilier l’art et la politique, mais il faut saluer le courage d’essayer ; tout comme les recherches de Claire Tancons dans ce domaine qui est presque vide de références, mis à part quelques écrits en sociologie, communication et sciences politiques.
Critique mise à part, je ne comprends toujours pas pourquoi Claire Tancons qui a le français comme langue maternelle, n’ait même pas proposée son site internet ni ses textes en français. Pourtant la grande majorité de son parcours scolaire s’est fait en français (Pointe-à-Pitre sur l’île de la Guadeloupe, Paris, Montréal). Tancons, qui est métisse, est le fruit de la culture créole métissée africaine, caribéenne et française. Est-ce un déni d’identité ou au contraire une recherche d’identité ? Faut-elle qu’elle rencontre Walczack ?


Bibliographie argumentée

Articles scientifiques au cœur du dossier
Tancons (2011), Claire, « Occupy Wall Street: Carnival Against Capital ? Carnivalesque as Protest Sensibility », in e-flux journal n30, décembre 2011.
·         Cet article de Claire Tancons s’intéresse à l’impact de l’évènement d’Occupy Wall Street à New-York en 2011. Elle s’intéresse sur le mouvement de masse qui a permis de rassembler des milliers d’individus jouant un rôle de dénonciation face au système économique néolibéral. Dans ce sens, elle fait le lien et la différence entre le carnaval pratiqué dans les Caraïbes (sa patrie) et celui de New-York.

Wakefield (2014), Stephanie, Walczak (2014), Antek, « Qu’est-ce que la politique dans l’Anthropocène ? Une conversation entre Stephanie Wakefiel et Antek Walczack », in May n 13
·         L’Anthropocène doit être compris comme l’action de l’Homme sur la nature, mais comme le rappellent Walczack et Wakefield, l’être humain reste un animal passionné par la politique. Walczack met aussi de l’avant l’utilisation de la connaissance et de la culture artistique dans la nouvelle ère théorique de l’Anthropocène.

Articles de journaux complémentaires sur le web
Grasso, Sylvana, « Carnaval brésilien : la fête sur fond de contestation sociale », in La Dépêche (France), publié le 23/06/2013, http://www.ladepeche.fr/article/2013/06/23/1656286-carnaval-bresilien-la-fete-sur-fond-de-contestation-sociale.html 
·         Cet article explique comment le carnaval de type brésilien est utilisé dans la ville de Toulouse (France) pour dénoncer les politiques d’austérité. Cet événement s’accorde avec la problématique édictée dans ce dossier.
Zizek, Slavoj, « Occupy Wall Street : what is to be done », in The Guardian (Royaume-Uni), publié le 24/02/2012, http://www.theguardian.com/commentisfree/cifamerica/2012/apr/24/occupy-wall-street-what-is-to-be-done-next
·         Cet article fait suite à l’événement d’Occupy Wall Street en 2011 son sujet d’étude de Claire Tancons publié en décembre 2011. L’article pose la question simple du « Oui… mais après? » ; le journaliste analyse les impacts de cet événement, mais aussi du pourquoi cela a été fait. De la même manière il s’interroge sur l’utilisation du carnaval comme moyen de contestation.

Sites internet spécialisés
Site internet de Claire Tancons qui présente l’auteur ainsi que ses réalisations dans la curation des arts : http://www.clairetancons.com/index.html
Site internet consacré à la biographie et aux œuvres d’Antek Walczak : http://www.eai.org/artistTitles.htm?id=13090

Monographies complémentaires
Colas (2006), Dominique, « Chapitre IX : Modes de communication », p 339-378, in Sociologie politique, PUF, 2006
·         Dominique Colas établit une liste argumentée des moyens de communication dans la société, notamment sur celui de l’expression du corps, de l’écriture et du langage.

Pourquoi des personnes très instruites croient-elles aux phénomènes paranormaux ? - Alexandre Hoffarth 2008


Pourquoi des personnes très instruites croient-elles aux phénomènes paranormaux ?


Professeur : Yao Assogba
Hiver 2007










Réalisé par Alexandre Hoffarth






Pourquoi des gens très instruites croient-elles aux phénomènes paranormaux ?

Plan de l'exposé :
I)                 Introduction
II)              Position de la problématique et théories
III)          Méthodologie et analyse du problème
IV)          Conclusion
V)             Bibliographie


I)         Introduction :

La question du  « Pourquoi des gens très instruits croient-ils aux phénomènes paranormaux » tend à définir de savoir pourquoi les gens ayant reçus une instruction dite élevée seraient plus enclins à croire aux OVNI. Donc par conséquent nous devons étudier si l’éducation donnée rend la croyance aux phénomènes paranormaux plus compatibles avec les classes sociales supérieures.
L’objet d’étude portera donc sur l’origine de la croyance au paranormal et nus mettrons en avant les faits et les théories concernant ces phénomènes qui sont présents dans nos sociétés.
Dans un premier temps nous poserons le problème et le contexte social qui l’entoure pour ensuite s’avancer à éméttre les théories existantes, en particuliers celles de Raymond Boudon sur les croyances collectives. De plus verrons les effets de ces phénomènes sur les classes sociales en particulier l’éducation.
Dans un second temps nous développerons et essaierons de répondre à la question en apportant des statistiques sur le sujet et la relation entre les classes sociales, leur instruction et le niveau de croyance au paranormal.
Pour terminer nous conclurons en faisant un rappel sur ce que nous démontrés et expliqués dans le travail ci-présent.



II)     Position du problème et théories


La question de recherche porte sur le fait qu’il existerait une relation entre les croyances et le niveau d’instruction. Dans notre société, on délimite ce qui à attrait au monde magique du monde réel. Pour cela on a historiquement séparé le profane du sacré pour rendre le monde plus « scientifique » donc plus rationnel.
Les phénomènes paranormaux sont présents autour de nous du moment que la science, objective, n’a pas trouvée d’explication aux faits comme on le voit avec les OVNI. Dans ce ce cas là, il existe tout de même des services spécialisés dans l’étude de ces phénomènes inexpliqués comme le GEIPAN (Le groupe d'études et d'informations sur les phénomènes aérospatiaux non identifiés).
Le phénomène social du paranormal et en particulier des OVNI est très pertinent quand on sait qu’une économie autour de la voyances existe et le nombre des consultations est même de l’affaire des politiciens !
Pour ce qui est des OVNI, il n’y a pas que les « farfelus » ou les rêveurs qui essaient de comprendre, mais également des scientifiques pris au sérieux ou non, qui s’appuient sur des méthodes scientifique afin de prover l’existence de phénomènes spatiaux et la présence même d’être venant d’ailleurs. Le sujet est d’autant plus d’actualité quand on regarde le nombre de missions spatiales qui sont en préparation et la conquête de l’espace, la nouvelle frontière de l’humanité.

Pour essayer de répondre au problème posé, nous nous appuierons sur les théories sociologiques existantes et nous préciserons comment les théories de Raymond Boudon, concernant l’individualisme méthodologique, peuvent s’appliquer aux croyances collectives. Nous allons voir aussi comment celles-ci transcendent les catégories sociales et le niveau d’instruction des citoyens

Seulement il est difficile de s’appuyer sur démarche purement scientifique puisque la question du sujet est déjà spaculative et le sujet du paranormal peu pris au sérieux par la communauté scientifique.

L’individualisme méthodologique
Tout d’abord pour présenter l’individualisme méthodologique, nous devons faire une rétrospective sur ce terme.

Cet individualisme dit méthodologique prend racine dans une perspective de sociologie libérale et une logique positiviste portée par Raymond Boudon, s’opposant au déterminisme de Pierre Bourdieu qui défini l’individu comme un résultat des structures sociales. Pour Boudon, l’individu est le maillon du phénomène social en général. Il est complexe car il s’adonne à ses volontés propres, mais rationnelles, et interragit avec les autres individus. L’individualisme méthodologique permet une meilleure mobilité qui ne condamne pas les individus à rester dans une certaine atonie sociale.

Si nous partons donc de ce principe, pour expliquer un phénomène social quelqu’il soit, il est indispensable de rechercher les motivations des individus concernés par le phénomène. Pour cela il faut appréhender la question suivante : « pourquoi des gens très instruits croient-ils aux phénomènes paranormaux ? », comme une résultante de l’agrégation des différentes actions individuelles rationnelles.
On analyse donc le phénomène social ici présent de manière à comprendre pourquoi, l’instruction plus élevée d’un individu, serait une barrière à la croyance de ce phénomène. Le but étant de trouver quelle est la finalité de ce comportement, l’intention sous-jacente, le plaisir que cela procure de croire.

Nous devons donc mettre deux principes en avant pour comprendre la démarche de notre questionnement.
Tout d’abord nous représentons et considérons que le phénomène, ici le paranormal, est les résultats des actions, des habitudes et des croyances de chaque individu.
Puis d’expliquer le paranormal et sa croyance en retrouvant le sens des comportements de chacun, les sources du pourquoi y croire, et surtout la rationnalité que cela comporte.
Cela veut dire que l’acteur social est rationnel. Il a de bonnes raisons d’agir comme cela et de croire à ceci. Nous devons donc trouver les raisons de ce comportement et le contexte donné. Nous pouvons aussi ajouter une dimension psychologique pour expliquer ce phénomène rationnel.
Les personnes sujettes aux croyances du paranormal sont soumises à deux paradigmes, les croyances rationnelles et les croyances sentimentales (1). Les premiers se basent sur des observations réalistes de type scientifique. Les secondes ont des origines émotionnelles. La puissance des émotions peuvent faire un barrage au rationnel, au réel. Ces croyances s’inscrivent dans une durée plus ou moins longue et efficiente.

Cependant si nous nous attachons à la rationnalité de l’acteur comme le fit R. Boudon, nous devons nous pencher sur trois types de rationnalités particulièrement interessantes pour la suite du travail.
La première est la rationnalité axiologique qui concerne les valeurs et les bonnes raisons que l’acteur avait de se comporter ainsi face aux événements. Nous pouvons donner l’exemple des kamikazes japonais pendant la seconde guerre mondiale. Ces « guerriers » avaient de bonnes raisons de vouloir se suicider pour un objectif militaire car l’honneur était en jeu.
La seconde rationnalité est la traditionnelle. L’acteur avait lui aussi de bonnes raisons d’adopter un tel comportement puisque il s’est toujours comporter de cette manière. C’est la tradition. En exemple nous pouvons donner les croyances religieuses qui se répètent sans évoluer en restant gravées dans la tradition.
La dernière est la rationnalité cognitive. Elle s’appuie sur les théories scientifiques ou magiques, vraies ou fausses, de l’acteur. Nous avons l’exemple du sourcier qui cherche à savoir si la pluie va tomber ou le scientifique qui cherche à prouver sa théorie concernant un phénomène astrophysique.

L’individualisme méthodologique permet donc de définir notre base de recherche concernant cette question du paranormal. Nous avançons donc sur ce terrain en utilisant le postulat de rationnalité définit par R. Boudon.

            De plus, afin d’expliquer la popularité des croyances collectives surtout par rapport aux phénomènes paranormaux, nous nous appuierons sur le discours de Raymond Boudon lors d’une conférence donnée en 2003 sur le thème des croyances, ainsi que sur la matière vue en cours et des éléments de culture générale.

Pour Boudon, il faut retourner dans le passé de la sociologie moderne et de ses pères fondateurs que sont Emile Durkheim en France et Max Weber en Allemagne, pour comprendre les fondements de la croyance collective.
Dans l’analyse de Durkeim nous devons nous plonger dans la croyance magique pour expliquer la croyance. Celle-ci s’appuie sur la ruralité de la société et aux premiers âge de la civilisation. Le savoir-faire agraire prédomine sur le quotidien des individus. Les expériences menées par les sorciers et autre magiciens de l’époque se basent sur des principes du biologie construite par la religion. Mais l’efficacité des techniques ou plutôt des formules magiques sont limitées et n’excèdent pas 50% de taux de réussite. De plus les données analytiques de l’époque ne sont pas d’une rigueur scientifique par le fait que des instruments de mesures n’existent pas et les expériences sont réalisées dans des lieux propices à la réussite pour augmenter le pouvoir magique et la force des Dieux… Mais depuis nous avons changé notre perception et « désenchanté notre monde ».
Cependant les expériences sont pour l’individu moyen de l’époque, d’une crédibilité à toute épreuve. On  peut donc en conclure que la croyance supplante la théorie scientifique parce que la tradition avec le temps s’est imposée comme unique voix. On peut prendre l’exemple très célèbre de la Terre du temps où l’on était persuadé qu’elle était plate, parce que la religion catholique avait dit que c’était comme ca et pas autrement. Les sceptiques de cette théorie devait se taire sous peine de répression sociale.
Donc si une théorie scientifique est contredite on ne cherche pas à savoir quel est le point déficient. On attend que la théorie devienne compatible avec les données établis lors de sa publication. Pour expliquer la théorie on a donc recours à des auxiliaires pour la confirmer. C’est ce que Durkeim appelle la « ruse de la nature », une explication qui nous semble naturelle mais qui est en fait fausse ou incomplète. On appelle également cela une corrélation fallacieuse en statistiques sociales. Dans ce cas nous pouvons donc affirmer que l’esprit du magicien qui soigne ses patients avec des queues de rats est semblable à celui d’un scientifique qui décode des gènes et teste de nouveaux médicaments dont il ne connaît les effets.
Dans cette logique nous pouvons donc nous poser la question de savoir si des gens instruits ont tort de croire au paranormal ?


III) Méthodologie et analyse du problème

            Dans cette partie nous mettons en avant les documents qui nous permettent de d’argumenter dans le sens des théories en vigueur que nous avon sprésentées plus haut.
Pour cela, dans un premier temps nous analyserons un tableau statistique pour essayer de déterminer si le facteur de l’instruction détermine les croyances au paranormal. Nous utilisons donc dans ce premier point une analyse empirique basée sur des données statistiques.
En seconde partie nous prendrons en compte le contexte économique et social qui pourrait expliquer pourquoi des gens très instruits y croient.
Au troisième point nous mettrons en avant les autres théories sur lesquelles la population peut s’appuyer ainsi que les sceptiques en limitant notre recherche sur le cas des OVNI.

Tableau statistique

Paranormal/CSP
Agriculteurs
Ouvriers
Petits commerçants
Cadres moyens
Cadres supérieurs
Sourciers
76
50
51
57
59
Guérisons
44
41
50
48
37
Radiéthésie
49
36
37
41
41
Télépathie
22
33
42
49
54
Astrologie
29
36
46
49
45
OVNI
24
31
34
42
37
Horoscopes
20
27
29
29
30
Cartomancie
10
23
18
23
20
Sorcellerie
19
19
19
22
23
Tables tournantes
9
14
16
23
22
Fantômes
2
5
3
6
6

(Source SOFRES 1981, auprès d'un échantillon national représentatif de la population française et composé de 2350 personnes âgées de 15 ans et plus.)

Ce tableau statistique nous révèle plusieurs indices pour l’exposé ci-présent. Tout d’abord nous pouvons voir que la catégorie sociale, qui normalement est en relation avec l’instruction dispensée au plus jeune âge, est en désaccord avec le principe qu’elle influe sur la croyances en divers catégories du paranormal.
Nous avons vu que plus la société s’élève scientifiquement plus les croyances populaires doivent se réduire jusqu’à disparition. Alors comment expliquer que pour un peu moins de la moitié des cadres moyens et supérieurs, ainsi que les petits commerçants , la croyance aux OVNI et à l’astrologie est aussi populaire pour ces CSP contrairement aux agriculteurs et ouvriers ?
Cependant si nous considérons que le paranormal doit devenir quelque chose de pratique, alors oui, la catégorie des agriculteurs dans la case « sourciers » va devenir majoritaire en constituant les trois quarts de l’effectif.
Parce que le sourciers est utile pour trouver de l’eau ou prévoir quand la pluie tombera. L’agriculteur en a besoin pour les champs car l’eau est vitale pour sa survie économique. En faisant un peu d’humour nous voyons également que le sourcier est important pour le cadre supérieur, on ne sait jamais il peut trouver du pétrole..

Nous voyons donc que l’instruction ne détermine pas la croyance au paranormal, au contraire ! Si on examine bien le comportement des acteurs nous nous appercevons que plus l’instruction et la position sociale est élevée, plus ces gens ont tendances à croire au paranormal. Mais pourquoi cela ? Peut être est-ce dû au contexte économique et social qui révèle un bilan contrasté. Néanmoins les faits démontrent que l’hypothèse de savoir si l’instruction influe sur la croyance au paranormal est compromise.

Le contexte économique et social
Pour apporter des éléments de réponse on doit se pencher brièvement sur le contexte économique et social qui peut influer sur la perception et la psychologie des individus concernant les croyances.
Nous savons tous que le contexte économique dans les pays de l’OCDE est instable et que les citoyens actifs vivent de plus en plus dans l’insécurité économique. La précarité économique s’installe et la peur de l’avenir est devenue inconsciente.
Au niveau social, la société est de plus en plus exigeante sur les individus qui n’ont d’autres recours de se tourner vers ce qu’il y a de plus fondamental et primaire à une civilisation, c’est à dire la croyance religieuse et le monde magique. Combien d’adolescents se perdent dans l’imaginaire fantastique pour oublier leur vie actuelle ?
C’est aussi la source des extrêmismes à plus grande échelle, comme l’islamisation et le fanatisme qui en découle ou le terrorisme en Irlande du Nord. Mais dans cette logique il convient de croire que le monde de la magie celui des forces surnaturelles est celui de la fuite et de l’espoir que le monde et surtout la vie des individus n’est pas déterminée.

La rationnalité axiologique et cognitive est donc soumise à la rationalité traditionnelle dans cette perspective, parce que les individus se replient sur les croyances d’antan, sur l’inexplicable pour survivre dans le monde de l’explicable. C’est à dire garder un coté sceptique sur les valeurs et les théories scientifiques, comme nous le voyons actuellement avec le débat sur le créationnisme contre darwinisme aux Etats-Unis.

Le niveau d’instruction ne peut donc répondre efficacement aux attentes et à la psychologie de l’individu. La culture et l’environnement qui nous entoure peut cependant influencer la croyance au paranormal et se référer au passé pour comprendre le présent est une attitude que l’on retrouve couremment.
Le contexte économique et social renvoie donc à une rationnalité qui mêle axiologisme, cognitivisme et la tradition.

Des théories attirantes
Concernant les OVNI, ils existent plusieurs thérories (que nous énumérerons rapidement) et qui peuvent séduire ceux qui dans leurs esprits ont gardés un certain enchantement et quelque soit leur niveau d’instruction.
Les OVNI sont apparus de manière intensive lors de la seconde guerre mondiale, c’est ce qu’on a appelé les « foo fighters », considérés à l’époque comme des armes secrètes allemandes. Mais on retrouve plusieurs traces de « preuves » historique de leurs passages dans l’Histoire. Cela peut aller des fresques aux témoignages.
Comme le décrit Erich Von Daniken dans son livre majeur « présence des extra-terrestres » publié en 1972.     
Depuis nous avons eu aussi les histoires des récits de Roswell que tout le monde connaît. Mais le plus interessant est le phénomène culturel que cela a engendré. Nous voyons dans les années 1950 la prolifération de nombreuses sectes, qui avaient pour but de délivrer le message des Orthon et autres Aethérius (des races extra-terestres) sur les dangers de développement nucléaire. Donc à l’époque où la tension entre les deux blocs étaient la dangereuse.
Encore plus frappant, aujourd’hui Raël et ses disciples (installés dans notre belle contrée du Québec car indésirables en France), fondent leur argumentation sur les manipulations génétiques que les Elohim auraient effectués pour améliorer la race humaine. C’est la théorie des cosmonautes du passé.
Nous remarquons donc que le discours de ces sectes s’adapte en fonction de l’actualité, hier c’était l’arsenal nucléaire, aujourd’hui les manipulations génétiques et les dérives eugénistes.

Nous en déduisons donc que les théories sur les extra-terestres s’appuient sur la science d’aujourd’hui ou actuelle à la théorie pour se crédibiliser. Nous retrouvons donc l’hypothèse de Boudon selon laquelle la pensée logique du magicien (ici le gourou) est équivalente à la pensée du chercheur. C’est pour cela qu’elles séduisent même les plus instruits d’entre nous.


Le modèle sociopsychologique
Pour contrer les « dérives sociales » concernant le phénomène OVNI il existe deux mouvements visant à relativiser et surtout utiliser un esprit critique et non une pseudo-science comme l’ufologie. Ces deux mouvements se nomment pour les anglophones le mouvement des sceptiques et pour les francophones le modèle sociopsychologique.
Ils partent du postulat que le phénomène OVNI n’est pas le fait d’une présence des extra-terrestres mais  le fait que des personnes ont apperçus quelque chose qu’ils ne peuvent expliquer ou identifier.
Les auteurs connus du modèle sociopsychologique sont Jean-Bruno Renard et Michel Monnerie. Deux sociologues qui étudient le phénomène OVNI et attaquent l’ufologie en remettant en cause le fondement scientifique de cette étude.
Pour expliquer les erreurs de certains témoins de phénomènes OVNI, on démontre par ce modèle que l’oservation que l’on a pu être victime d’une illusion, d’hallucination, de faux souvenirs ou de phénomènes naturels rares.
On essaie donc d’introduire dans l’étude de cas une dose de scientificité pour démonter les faits présentés.
On en revient donc la ruse de la nature d’Emile Durkheim qui nous fait croire à des phénomènes existant ou non mais qui sont altérés par la vision que l’on a pu s’en faire.


Une approche plus scientifique
Pour prouver l’intérêt de plus en plus grande de la communauté scientifique à l’égard des phénomènes paranormaux, nous pouvons nous appuyer sur un article publié en 1996 dans le Times concernant les statistiques et le parapsychique.
De cela un titualire du prix Nobel de physique, Brian Josephson, dirige depuis l’université de Cambridge, un projet d’unification de la matière et de l’esprit.
La statisticienne Jessica Utts étudie de son côté les relations statisques sur les projets de recherche en parapsychologie menées par la CIA dans les années 1970.
Nous voyons donc que le sujet du paranormal ne se confine plus simplement à des citoyens lambda, mais également aux scientifiques primés qui cherchent une explication à ces phénomènes qui sont pour le moment dénigrés par la science.

V) Conclusion
Répondre à la question du pourquoi des gens très instruits croient aux phénomènes paranormaux n’est pas chose aisée. Nous avons démontré statistiquement que l’instruction n’est pas un facteur déterminant dans les croyances de chacun mais relève plus de la psychologie et de la culture que chacun à intériorisé.
De plus nous devons ajouter que le contexte économique et social peut aussi influencer sur la perception des phénomènes non expliqués, qui il faut l’avouer demeurent pour certains encore des mystères. Cela entretient donc des mythes et des croyances, qui individuelles à l’origine, sont devenues collectives avec le temps.
Néanmoins pour reprendre Boudon sur la rationnalité et son postulat, il faut analyser les croyances des phénomènes paranormaux avec sérieux et rationnalité. Sinon on se heurte à des préjugés qui finalement n’ont rien à envier aux formules magiques et autres doctrines religieuses ou sectaires.
Pour terminer ce travail il est important de se poser une question et d’ouvrir la réflexion. Est-il plus absurde de croire aux OVNI ou en Dieu ?
Nous avons à faire à un dilemme de conscience puisque scientifiquement la présence extra-terrestre est plus plausible d’un point de vue rationnel, du moins dans ma rationnalité, que l’existence d’un être supérieur. Et puis au moins avec le premier on peut se prêter à rêver de conquête spatiale, de science fiction et de grands horizons, sans blesser les convictions de chacun, comme nous le voyons bien trop souvent dans notre actualité. Alors la classe sociale détermine t-elle la perception de nos croyance ? Croire, rêver et espèrer, n’est-ce pas le rêve de chaque enfants qui sommeille en nous ? 



VI) Bibliographie
Article scientifique
Utts, Jessica, et Josephson, Brian, prix Nobel de Physique, Le paranormal : Preuves et implication. Publié dans le Times en 1996 et téléchargé sur le site internet : http://www.metapsychique.org

Monographies 
Durkheim , Emile, Les Formes élémentaires de la vie religieuse, dans la collection des auteurs classiques, téléchargé à partir d’internet au site suivant : http://classiques.uqac.ca/classiques/Durkheim_emile/formes_vie_religieuse/formes_vie_religieuse.html

Von Daniken, Erich, Présence des extra-terrestres, Bibliothèque des Grandes Enigmes, Paris, 1968.

Sites internet

Site du CERIMES, Vidéo d’une conférence du 29 novembre 2001 donnée par Raymond Boudon concernant les croyances collectives : http://www.cerimes.education.fr/les-croyances-collectives-catalogue-utls-sciences-sociales-sociologie-fiches-a553s11l7_.html

Site du CNES (centre national des études spatiales) en France concernant la récente ouverture des archives du GEIPAN :

Site pour la définition du modèle sociopsychologique :

Tableau statistique issu des archives du site de la SOFRES :

Autres
Notes de cours concernant Raymond Boudon ainsi que les cours de Terminal ES chapitre « Emile Durkheim ».